Partager l'article ! "le camping car " de Jacques olivier: Mai 2006 Monts d’Arrée - Ext/Jour & ...
Mai 2006
Monts d’Arrée - Ext/Jour HDV SEQ.1
Dans l’immensité cristalline des Monts d’Arrée, les nuages défilent, marquants l’intimité entre le temps et l’espace.
Une petite brise vient caresser le visage de David qui savoure cet instant.
Kévin, s’impatiente. Il sort son portable de sa poche.
Kévin : putain ! On ne reçoit rien, on est vraiment dans le trou du cul du monde ici.
Carine : c’est ça qui est bien, on est coupé de toute civilisation… loin de l’agressivité et du stress moderne… savourons ces instants de privilège….
Le téléphone mobile de Kévin sonne : Dans l’écouteur un grincement macabre. Le vent souffle plus fort dans les cheveux de Kévin. Le son s’arrête. Le vent tombe.
Kévin raccroche
Carine : s’était qui ?
Kévin dubitatif : hein…. J’en sais rien un truc bizarre…
David qui savourait les yeux fermés, ouvre un œil vers Kévin.
Carine : c’est normal on ne capte pas
David : alors c’est pas normal qu’il ait sonné.
Plans successifs d’une voiture rouge rapide vue à travers la forêt.
Kévin prend son sac à dos.
Kévin : bon moi je marche, je ne vais pas attendre plus longtemps ? Si vous trouvez une voiture soyez sympa… arrêtez vous.
Carine : sois prudent dans la lande bretonne, on peut faire de mauvaises rencontres.
Carine et David se regardent amoureusement.
Kévin marche sur le bord de la route tête baissée, concentré sur ses pieds qui défilent l’un derrière l’autre.
Un camping-car approche, le double sans s’arrêter. Kévin lève la tête. Il aperçoit à l’arrière David le visage blanc qui le regarde sans expression.
Kévin aussitôt fait des grands signes à David, rejoint par Carine, derrière la vitre.
David et Carine se regardent, livides…. Le camping-car s’arrête.
Kévin rejoint le véhicule en courant. Monte.
Sans bruit le camping-car redémarre.
CAMPING -CAR – Int.Ext/Jour SEQ. 4
Kévin tout sourire : j’ai bien cru que vous n’alliez pas vous arrêter
Il regarde autour de lui….
Kévin : C’est dégueulasse là d’ans
Il pose son sac à dos
Kévin : où vous avez mis vos sacs ?
Pas de réponse.
David regarde Carine qui baisse le regard.
Kévin : vous avez tout laissé sur le bord de la route ?
David sérieux : Kévin… normalement on n’aurait pas dû s’arrêter, mais… Carine a encore quelque souffle d’humanité et a insisté… je crois qu’elle voudrait te dire deux mots avant de s’en aller.
Kévin : alors c’est décidé vous partez ensemble… (il regarde Carine) tu laisses le pauvre Kévin sur la bord de la route
(il se marre) Bien joué… évidement l’occasion était rêvée
Carine : c’est pas ce que tu crois… il faut que tu comprennes que c’est fini…
Kévin l’interrompant : Ah ! ça je veux bien entendre que c’est fini… c’est ton choix mais ne cherche pas à me faire croire que ce n’est pas ce que je crois…. T’aurais pu trouver plus original comme réplique.
Il rit nerveusement.
David se lève calmement et prend Kévin par le cou, il le soulève.
David d’une voix caverneuse : calme toi ! Tu ne te rends pas compte du privilège qu’elle t’accorde !
Kévin les yeux exorbités se débat vainement.
Carine suffoque, reprend son souffle
Carine : écoute Kévin je suis en train de mourir et David lui est déjà mort….
Kévin récupère et la regarde en coin. Regarde David, se recule, regarde Carine.
Carine : écoute bien il faut que tu me crois, on a eu un accident tout à l’heure : une voiture nous a percutés sur le bord de la route et je perds mon sang… j’ai le foie éclaté… je souffre… alors écoute bien j’ai besoin de partir tranquille…. Je t ‘ai aimé et j’ai fait une grosse erreur en sortant avec David…
David est impassible.
David grimace, se secoue la tête.
Carine : alors garde un bon souvenir de moi et dis à mes parents que je les aime et que je pense à eux…
Elle crache du sang.
Kévin se rapproche de Carine. David lui barre le chemin.
Kévin : mais c’est un cauchemar… Carine qu’est-ce que vous me faites là tous les deux…. ( Il rit ) c’est super… La Bretagne, ses mystères, la mort qui erre dans la lande… bravo vous m’avez foutu les pétoches… et au volant vous avez le célèbre l’Ankou qui évidemment vous conduit pépère retraité, dans sa chariote (il montre l’intérieur du camping-car)
Carine tousse ferme les yeux.
David (voix normal) : bon maintenant il faut que tu descendes (il lui pose la main sur l’épaule)
Kévin a un mouvement de recule.
Carine s’approche d’eux ( son visage est blanc) : Kévin ton heure n’est pas arrivée et je peux te dire que c’est pas pour tout de suite…tu vas prendre dans mon sac la lettre que je voulais envoyer à mes parents et tu la déchires… tu m’entends ?
Kévin s’effondre en larmes sur le sol.
Kévin : je ne sais pas si je t’entends, je deviens fou… il sanglote.
David regarde par le fenêtre du Camping-car : un accident de la route, au volant de la voiture rouge rapide : un homme couché sur le volant.
Quelques mètres devant la voiture : Carine allongée dans une marre de sang ; David démembré sur le talus ; Kévin agenouillé sur la chaussée se lamente devant les corps allongés de Carine et David.
On s’éloigne, le chauffeur de la voiture accidentée sort de l’habitacle.
Travelling arrière.
A la fenêtre du camping-car Carine et Kévin comme dans un tableau qui s’éloigne. Carine a une larme qui glisse sur sa joue.
Silence.
Près du sac déchiré une lettre adressée à Monsieur et Madame Dubois… FIN
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